Extrait de ma tribune publiée dans L’Opinion autour de la gestion politique de la crise des feux de forêt. Les gouvernements d’Emmanuel Macron auront été les champions du monde de la réunion de crise et les cancres de la planification.

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42 000 hectares partis en fumée, 240 maisons détruites, 220 000 personnes sur les routes de Gironde et c’est toute la France qui lève les yeux au ciel :

Elle cherche les Canadair que le gouvernement aurait dû commander.

Heureusement, face au feu, le pays a pu compter sur la solidarité européenne. Il a surtout tenu grâce aux siens : pompiers, soignants et autres personnels de l’Etat, élus locaux, agents territoriaux, et ces agriculteurs qui convoient leur eau jusqu’aux lignes de front. Toutes et tous ont la gratitude de la Nation. Eux ont fait leur devoir. Reste une question : face au feu, l’Etat a-t-il fait le sien ?

L’Etat face à ses responsabilités.

Une pandémie, une guerre aux portes de l’Europe, un détroit bloqué à l’autre bout du monde : certaines crises surprennent. Mais pas le changement climatique. Car nous savions. Depuis plusieurs décennies, le Giec et les rapports gouvernementaux ont tout décrit. Météo-France nous indique même que dans une France à +4°C, les feux remonteront jusqu’au bassin parisien et la saison des incendies s’allongera de deux mois. Et nul doute qu’en fin d’année, les inondations nous menaceront. Depuis bien longtemps déjà, la majorité des crises qui nous attendent ne relèvent plus du plausible mais du certain.

Or quelles décisions ont été prises par les responsables politiques au pouvoir ces neuf dernières années ? Des numéros verts et des cellules de crise qui se multiplient, des dispositifs d’urgence qui fleurissent et des arbitrages que l’on défait à toute hâte après les avoir adoptés six mois plus tôt. Face à une famille politique qui n’a que le mot responsabilité à la bouche alors même qu’elle agit avec irresponsabilité sur presque tout, l’appareil déconcentré de l’État est exsangue, épuisé et désorienté. […]

Dans ce contexte, la planification écologique relève d’une nécessité sécuritaire. Pour cela, nous devons d’abord établir un plan quinquennal de la transition écologique, sous forme d’une loi de programmation, calée sur la trajectoire des +4°C, avec des budgets pluriannuels sanctuarisés, comme nous avons su le faire pour nos armées. Ensuite, nous devons lancer un pacte national réunissant État, collectivités, entreprises et syndicats… à l’image de celui que porte Pedro Sánchez en Espagne. 

Chacun devra s’y positionner. Y compris ceux qui, au Rassemblement national, ont voté contre le Pacte vert au Parlement européen et entravé les budgets d’adaptation à l’Assemblée. Ils risquent bien de devenir réfugiés climatiques avant la fin de leurs mandats.

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